Etel est blottie à l'entrée de la "ria". Gardienne
de la rivière, la célèbre "barre" forme une barrière naturelle, comme
pour préserver cette mer intérieure. Naguère premier port thonier de la côte
atlantique, Etel conserve aujourd'hui des liens étroits avec la mer : un plan
d'eau de mer de quatre hectares pour découvrir la voile légère en toute
sécurité, des plages de sable fin à l'infini, un port de plaisance doté
d'équipements modernes. Pêche en mer, pêche à pied, sports nautiques, plongée
sous-marine, surf, promenades en mer ou sur la dune : à Etel on vit au rythme
des marées.
Etel n'a pas oublié son glorieux passé maritime, du temps où
son port accueillait jusqu'à 140 thoniers. De cette époque, Etel garde un
souvenir vivace en célébrant à la mi-août la Fête du thon, temps fort de la
saison estivale. Défilés, groupes folkloriques, spectacle des coiffes, le son
des cornemuses et des bombardes et grillades de thon dans une ambiance
"cabaret".
Le Musée des thoniers retrace l’histoire d’Etel et de sa
région. Maquettes, diaporamas, vidéos, reconstitutions et collections
incroyables sont présentés ainsi que l’histoire de la pêche au thon dans le
port emblématique d’Etel, l’un des plus importants de la façade atlantique des
années 30 aux années 60.
De nombreuses carcasses d’anciens bateaux sont disséminées,
ici et là, dans la Ria d’Etel. Les plus connues sont les épaves du Magouer, à
Plouhinec (face au port d’Etel).
Le 3 octobre 1958, Alain Bombard teste un nouveau canot de
sauvetage. Voulant franchir la Barre d’Etel, le canot se retourne, suivi de
près par le bateau des sauveteurs en mer. Le bilan est lourd : 9 morts dont 5
marins sauveteurs. Cette tragédie marque à jamais l’histoire de la Barre
d’Etel.
Suite à la crise sardinière dont souffre Etel, dès la fin du
XIXe siècle, on s’oriente alors vers la pêche au thon, et c’est tout un mode de
vie qui change. Désormais, les marins partent plus longtemps, de juin à
octobre, d’abord aux Açores puis vers l’Irlande. Qui dit pêche au thon dit plus
gros bateaux. Les chantiers doivent donc s’adapter.
Sur les quais d’Etel se développent aussi les conserveries.
Dans les années 1870, le poisson fait travailler 600 personnes à Etel. On
dénombre jusqu’à 15 usines. Chaque conserverie appelle son personnel avec un
bruit qui lui est propre : corne de brume, cloche...
On n’oubliera jamais cette tragique nuit de tempête, du 19
au 20 septembre 1930, où plus de 200 hommes périrent en mer au large
d’Ouessant, dont 72 embarqués à Etel. Dix dundees ne reviendront jamais
accoster à Etel.
1946 : L'armement étellois comprend 76 (vieux) thoniers
voiliers ou motorisés et 57 chalutiers côtiers à moteur. 23 mareyeurs
commercialisent le poisson de chalutage à partir d'Etel.
1947 : Création du quartier d´Etel pour l´enregistrement des
bateaux à la Direction des affaires maritimes.
Caudal J. L'activité du port d'Etel, Annales de Bretagne, t.
40, Rennes-Paris, 1948. Extrait :
L´activité du port d´Etel ne ressemble plus guère à ce
qu´elle était, il y a moins de dix ans. Une évolution qui a débuté avant 1939,
s´est affirmée pendant la guerre et l´occupation et ne cesse de s´accentuer
depuis la libération du territoire national. Délaissant les marchés extérieurs, les marins étellois ont
pris l´habitude de venir vendre leurs prises dans leur propre port, tendance
qui s´est encore accentuée en 1943 par la destruction du port voisin de
Lorient. Dans le même temps se développait une flottille de moyens chalutiers
aux dépends de la flottille thonière. La motorisation si coûteuse forçait en
effet les armateurs à rechercher une activité prolongée, avec un minimum
d´aléas c´est à dire des conditions opposées à celles de la pêche au thon.
A la fin de la campagne thonière de 1946, les
thoniers-voiliers dont le nombre n´a cessé de décroître soit parce qu´ils ont
été motorisés, soit parce que hors d´usage, ils n´ont pas été remplacés, ont
pratiqués la pêche saisonnière au nombre de 76. En face la flottille de
chalutiers à moteur qui comptait 15 unités à la libération en comprend
actuellement 57. La progression du tonnage des pêches chalutières débarquées
est sensible d´une année à l´autre : 3897 tonnes en 1946, 4640 t. pendant les
dix premiers mois de 1947. En comparaison les apports de thon paraissent
faibles : 832 t. en 1946, 500 t. environ en 1947, année particulièrement
défavorable, il faut le dire, à la pêche thonière. 4 usines, 6 en comptant
celles au voisinage immédiat d´Etel, mettent en conserve le thon débarqué. 23
mareyeurs contre 3 en 1938, commercialisent le poisson de chalutage. Mais Etel
est à l´écart de toute voie ferrée et l´expédition de la marée doit se faire
par camion jusqu´à Plouharnel-Carnac, la gare la plus proche, à 9 km de là.
Par
ailleurs l´équipement portuaire d´Etel n´est pas en rapport avec l´importance
de l´activité de son armement. Depuis le mois d´août 1947 une nouvelle fabrique
de glace a porté la production quotidienne de 16 tonnes à 50 tonnes en 1946, 71
en 1947 ; il reste à exécuter la deuxième tranche du plan prévu, la
construction d´un port capable d´abriter et de recevoir les bateaux motorisés
chaque année plus nombreux.
Pour marquer
le 160e anniversaire d’Etel, la municipalité a souhaité enrichir son
patrimoine et a demandé au lycée Emile James la réalisation de ce thon pour
équiper le rond-point. Ce thon éclaté en trois volumes en forme de boîtes
symbolise la pêche au thon et les conserveries du siècle dernier. Cette
sculpture du thon a été installée en octobre 2011.
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