lundi 5 avril 2021

Camaret : Tour Vauban, N.-D. de Rocamadour, RUTH, Les épaves du Sillon

 La tour Vauban, initialement nommée tour de Camaret ou tour Dorée, est une tour polygonale défensive construite sur un plan directeur de Vauban et érigée sur le Sillon à Camaret-sur-Mer dont elle figure sur les armoiries. Elle constitue un des prototypes les mieux restaurés des forts à la mer à batterie basse et tour de gorge construits par Vauban, avec comme originalité l'enduit qui la recouvre, à base de brique pilée.




Projetée dès 1683, la tour est tracée en 1689 par Vauban. La construction de l'édifice, supervisée par l'ingénieur Jean-Pierre Traverse, débute en 1693 pour s'achever en 1696. Elle protège essentiellement les accès à la batterie, qui défend le mouillage, dont l'importance stratégique est capitale pour la sécurité de la rade. La tour casematée fait partie d'un vaste dispositif de défense : la batterie basse doit être dotée de onze pièces d'artillerie croisant leurs feux avec ceux de la pointe du Grand Gouin, des lignes primitives de Quélern et des nombreuses batteries côtières. La garnison comprend alors un lieutenant, un sergent et cinq hommes appuyés par des miliciens composés d'habitants de Camaret.




Jusque sous le Second Empire, la tour Vauban conserve une fonction militaire. Bien que modernisée pour faire face à l'évolution de l'armement, elle n'est plus adaptée. Les ingénieurs militaires choisissent de construire en 1861 une batterie extérieure plus basse, de six mètres d'épaisseur, sous la forme d'un épaulement en ligne brisée vers la chapelle Notre-Dame de Rocamadour. L'ancienne batterie et sa tour sont conservées comme réduit. La fortification est désaffectée à la fin du XIXe siècle et acquise par la municipalité de Camaret en 1904. La tour Vauban fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 18 septembre 1907.



Jusqu’en mai 1993, la tour est gérée par le musée de la Marine qui y a installé un petit musée où sont conservés des objets et documents concernant l'histoire de la marine en général, et l'histoire de Camaret en particulier. En 1993, la gestion est confiée à des associations qui assurent l’accueil du public et y organisent des expositions de juin à septembre, en lien avec Vauban, la défense du goulet de Brest, la tour.




Camaret-sur-Mer est membre de l'association de villes réseau des sites majeurs de Vauban. Depuis le 7 juillet 2008, un réseau de douze sites, dont la tour Vauban, est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Dans ce cadre, la tour fait l'objet de campagnes de restauration en raison du mauvais état général de l’édifice aggravé par le développement d’algues et lichens : réfection de l'enduit en 2007, restauration de l’escarpe et de la contrescarpe en 2009, restauration de la batterie, du four à boulet et du corps de garde à partir de 2011, restauration du pont-levis en 2014 et de l’intérieur de la tour en 2016.




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La chapelle Notre-Dame de Rocamadour est une chapelle catholique située à Camaret-sur-Mer dans le Finistère, en France. Elle se trouve près de la tour Vauban, sur le Sillon. Elle fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 4 mars 1935.

La première chapelle de Notre-Dame-de-Rocamadour fut construite en 1183. La partie la plus ancienne de la chapelle actuelle date de 1527. Ce lieu de culte ne doit pas son nom au pèlerinage d’un prêtre médiéval à Rocamadour en Quercy comme il est souvent affirmé, mais au socle de pierre sur lequel la chapelle a été construite au bout du Sillon, le Roc’h a ma dour (du celte Roc'h = rocher, am a= au milieu, et Dour = eau, soit le « rocher au milieu des eaux »).



La chapelle, comme la Tour Vauban, se trouve sur un rocher relié à l'Esplanade Jim Sévellec par le « Sillon ». Certains habitants de Camaret l'appellent « Roz Madou » qui a, sous une forme linguistique un peu différente, le même sens que roc au milieu des eaux.

Il serait imprudent de donner une date précise quant à la construction de l'édifice. Dans divers documents on trouve des dates qui se contredisent. Il est notamment fait mention de ND de Rocamadour dans un bref du pape Grégoire XI, daté de 1372 et accordant des indulgences aux fidèles qui contribueraient à la reconstruction du monument. Ce qui laisse supposer qu'auparavant il y aurait eu une chapelle. Il semble néanmoins que l'on peut dater la construction, compte tenu de l'inscription figurant sur le pignon ouest en abréviation d'usage à l'époque : « L'an 1527 fut fondée la chapelle Notre-Dame du Roc ».

Le clocheton a été décapité lors de la bataille de Trez-Rouz le 18 juin 1694 par un boulet anglo-hollandais. 



Les armes des seigneurs de Crozon, successeurs des Rohan et représentés par la famille de Goulaine, sont demeurées intactes malgré les décrets de la Convention, ordonnant de les marteler. Elles sont visibles au-dessous du clocheton.

Dans la nuit du 24 au 25 février 1910, un incendie s'est donc déclaré dans la chapelle. L'alarme a été donnée par un douanier vers cinq heures du matin. Des pompiers et un détachement de la 2e batterie du 18e bataillon d'artillerie, caserné à Lagadjar, sont intervenus très rapidement. Malgré leurs efforts, toute la toiture et presque tout le mobilier ont été détruits. Seul le clocher et les murs ont échappé au désastre. La participation des paroissiens et les dons de généreux souscripteurs ont permis de restaurer, dès 1911, la chapelle, si chère aux Camarétois. Pendant un an, ils en furent privés, mais n'oublièrent pas pour autant Notre-Dame-de-Rocamadour. Le 26 mai 1910, beaucoup d'entre eux prirent part à un pèlerinage à Rumengol, organisé par la presqu'île de Crozon. Trois vapeurs brestois transportèrent jusqu'au Faou sept cents pèlerins, qui se rendirent ensuite en procession au sanctuaire de Notre-Dame de tous remèdes.



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RUTH : Ketch à voiles à corne. Les deux mâts sont en 2 parties ; voile à corne et flèche sur chacun des 2 mâts ;  3 focs, une trinquette. Coque et pont en bois ; mâts en bois. Date et lieu de lancement : 1914 à Råå (agglomération d'Helsinborg), en Suède. Utilisation initiale : caboteur (galéasse, baltic trader). Dernière nationalité connue : britannique.

Dernier port d'attache connu : Penzance (Cornouailles) - Dernière utilisation connue : Voilier école et de croisière. Ruth était le prénom de l'épouse du premier propriétaire du bateau. Un autre voiliers porte le même nom : c'est un cotre allemand, basé à Rendsburg (anciennement appelé Ole, coque de 17,8 m de long, datant de 1917).



Longueur hors-tout : 28 m - Longueur de la coque : 20 m - Largeur maximale : 5,8 m - Tirant d'eau maximal : 2,2 m - Tirant d'air :  20  m - Surface maxi de voilure : 200 m²

État : restauré, bien entretenu. Avant : étrave convexe ; bout dehors. Arrière : tableau, portant le safran. Coque : blanche, liston jaune. carène revêtue de plaques de cuivre. Superstructures : Roufs en arrière du mât d'artimon et entre les 2 mâts.

 Ruth est un ancien caboteur suédois construit en 1914 au sud d'Helsingborg. Il transportait d'abord essentiellement des poteries. Sans moteur au début, il a été motorisé en 1922 et a continué à naviguer au commerce jusqu'à la fin des années 1950, avec des cargaisons plus variées ; y compris pendant la guerre, où il est allé jusqu'en France et en Islande.


Le bateau a été sauvé en 1964 et restauré au Danemark ; transformé en voilier de plaisance, Ruth a servi de voilier école. Malgré un incendie qui a dévasté l'intérieur pendant une restauration en 1984, celle-ci a pu être menée à bien et Ruth a repris des navigations comme voilier école.

2 mars 2021 - La goélette centenaire Ruth en escale technique à Camaret-sur-Mer avant les rivages méditerranéens. Rachetée en Grande-Bretagne, la goélette centenaire Ruth est amarrée à Camaret-sur-Mer depuis le 1er mars 2021. Elle connaîtra ensuite les eaux méditerranéennes, où elle servira à la croisière.



Amarré à L’Aber-Wrac’h (Landéda) pour passer l’hiver, RUTH doit subir des des travaux de calfatage sur la quille et des travaux de peinture ; Camaret s’est imposé comme étant le moins loin et le plus sûr pour le trajet. Une dizaine de jours de travaux seront nécessaires sur le slipway. Mais le bateau restera encore sur place avant d’être totalement opérationnel. À l’issue de cette escale technique, l’équipage prendra la direction de la Méditerranée.

Des croisières et un objectif social - « Notre volonté est de proposer des croisières allant de la journée à la semaine. Nous sommes en contact avec Port-Saint-Louis-du-Rhône (Bouches-du-Rhône). L’idée est de trouver un port d’attache peu cher, moyennant une mise à disposition du bateau pour les actions sociales de la ville. Nous voulons montrer que l’on peut travailler sur un beau bateau en bois, et pas en plastique, en respectant l’environnement. Pour ces croisières, nous pouvons embarquer douze passagers et trois membres d’équipage », précise Laurent Belleudy.


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Un cimetière de bateaux est un lieu où l'on stocke, ou où on laisse « mourir » les coques des navires. Aujourd'hui, la réglementation environnementale et plus précisément la règlementation sur les déchets incite fortement à ce que soient dépollués puis recyclés ces navires civils ou militaires, qu'ils soient en bois, métaux ou plastique et composites.





Certaines cales sèches où l'on découpe les carcasses pour recycler des métaux et extraire des matières dangereuses comme l'amiante ont aussi improprement pris le nom de cimetière de bateaux.






Camaret – Mars 2020. Lié au déclin de la pêche et situé sur l’emplacement du chantier naval de François-Joseph Keraudren, le cimetière à bateaux a pu compter jusqu’à dix navires en même temps, détruits au gré de leur état de dégradation. Échoué sur le sillon depuis 1962, le « Rosier-Fleuri CM 2910 », langoustier à vivier à cul carré, construit en 1948 au chantier Le Hir-Péron, a terminé sa vie sous les coups de pelleteuse. Puis ce fut au tour de « La Salle » de disparaître. D’abord immatriculé CM 3036, de 1954 à 1976, puis CM 231627, il a été construit en 1954 par le chantier Boënnec-Lastennet et désarmé en 1985. Malmené lui aussi par les récents coups de vent, le « Maïtena MX 195443 » s’est vu débarrassé de son mat et de ses balcons en raison des risques de chutes. Construit en 1964 au chantier naval Auguste Tertu, à Rostellec, après avoir été immatriculé dans quatre quartiers maritimes différents, il a été cédé en 2001 à la commune, pour un franc symbolique. Source : Le Télégramme du 9 mars 2020.






Les cimetières de bateaux en Finistère :

du Diben, près du chantier naval rue de l'Abbesse, Plougasnou.

des navires militaires de Landévennec.

de Camaret-sur-Mer, au port. (Presqu'île de Crozon).

de Rostellec, près de chantier naval.

du Fret, entrée du port. (Presqu'île de Crozon).

de Douarnenez, Port-Rhu.

de Audierne, Locqueran.

du Guilvinec-Lechiagat, arrière port.

de Bénodet, au fond du port de plaisance.

de Trégunc, anse du Minaouët-Pouldohan.

de Moëlan sur Mer, anse de Lanriot, près de la chapelle de Lanriot.





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Camaret nous offre des images originales



















 









 


 












mercredi 3 mars 2021

210228- Ménéham, site naturel d’exception

 Exposé au sud, entouré d’un cordon dunaire et à l’abri derrière un énorme rocher (qu’un monstre, dit la légende, aurait arraché à la côte et posé au milieu des champs . . .), Meneham a sans doute été habité plusieurs siècles avant Jésus-Christ. On y a découvert des vestiges d’un dépôt de fondeurs datant de l’âge du bronze . . .

Meneham est un site classé alliant une histoire riche à un décor littoral à couper le souffle. Blotti entre les étonnants amas rocheux de la Côte des Légendes, ce site naturel d’exception ravit les amoureux du patrimoine comme les amateurs balades au grand air. Au cœur d’un écrin naturel entre plages, dunes et rochers, un pittoresque village de chaumières, aujourd’hui restauré, offre un point de départ idéal pour des balades en famille. Découvrons Meneham, porte d’entrée de la Côte des Légendes, ce territoire à la fois sauvage et accueillant au nord de Brest.







Meneham, village de pêcheurs, paysans, goémoniers restauré à Kerlouan en Bretagne. Ce hameau situé face à la mer près d'une plage de sable fin, au cœur du pays pagan (« païen » en breton), à Kerlouan séduit par ses dunes herbeuses et son ambiance unique. Niché derrière d’énormes blocs de pierre aux formes étranges, son pittoresque village de pêcheurs aux toits de chaume a gardé son charme d’antan. Un détour par la côte et ses imposants rochers.

Kerlouan. Si le nom ne vous dit peut-être rien, vous connaissez forcément les photographies de son corps de garde, de ses chaumières de pêcheurs ou de ses jolies plages. Elles illustrent nombre de cartes postales et de guides touristiques. On découvre le charmant hameau de Menez-Ham. Pris en étau entre les rochers, son corps de garde du 17e siècle ne laisse pas indifférent, tout comme ses charmantes chaumières aujourd’hui restaurées.






Une construction est implantée à l’endroit le plus élevé, face à la mer : «la maison au toit de pierre».

Elle faisait partie d’un système de défense côtière mis en place, au 17ème siècle, par Vauban, sur l’ordre de Louis XIV. Ce système comprenait une chaîne ininterrompue de postes de guet (aujourd’hui appelés «Maisons des Douaniers ») en liaison à vue entre eux, afin de protéger le littoral des raids ennemis (anglais surtout). Chaque paroisse se devait d’entretenir un certain nombre de ces postes de guet et fournir une milice, recrutée parmi les habitants de la commune. La «Maison au toit de pierre» date de cette époque.

Une chapelle entre les rochers - Dans la région, les rochers ne se contentent pas d’orner la côte. Dans l’arrière-pays, la chapelle Pol en est entourée. Fondée au 16e siècle, reconstruite au 19e, son clocher se dresse fièrement entre les pierres. Tout à côté, une guérite en pierre, commandée par Vauban, devait prévenir les incursions anglaises.








Des blocs colossaux - La longue plage de sable fin de Brignogan est parfaite pour se balader, encadrée de blocs granitiques. Non loin, la pointe de Pontusval et son petit port sont un magnifique but de promenade. Le long du GR 34 qui emprunte le chemin des douaniers, on découvre les petites criques qui alternent avec d’imposants rochers aux formes animales (tortue, tête de chien, de dauphin…).

La légende des naufrageurs - De nombreux navires se sont échoués sur les côtes du pays pagan. Selon la légende, des habitants mal intentionnés auraient été à l’origine de ces accidents. On raconte qu’ils se promenaient sur les dunes de nuit, une lanterne à la main, attirant ainsi les bateaux vers la côte où ils s’échouaient alors…








Blotti entre les étonnants amas rocheux de la Côte des Légendes, Ménéham, site naturel d’exception, ravit les enfants qui sautent de rocher en rocher. Meneham, porte d’entrée de la Côte des Légendes, territoire sauvage et accueillant au nord de Brest.

Au cœur du pays pagan (païen), Ménéham, ses dunes herbeuses et ses énormes blocs de pierre étranges, ses imposants rochers aux formes animales (tortue, tête de chien, tête de dauphin…)

LA CASERNE - Autrefois lieu de vie des militaires… Cet édifice dont la façade mesure près de 40m de long est composé de 6 logements qui étaient occupés par les douaniers (d’où son nom de caserne).

Les douanes occupèrent le site jusqu’en 1835, date à laquelle elles cédèrent le lieu à un particulier. Les bâtiments furent loués à des paysans-pêcheurs-goémoniers. Depuis juillet 2007, ce bâtiment abrite un village d’artisans.








Meneham est un hameau de la commune de Kerlouan, dans le département du Finistère. Tour à tour un lieu de vie de militaires, de douaniers puis de paysans-pêcheurs-goémoniers, le site est peu à peu déserté à partir des années 1950, avant de faire l'objet d'une campagne de restauration entre 2004 et 2009.

Vers 1840, les premières maisons, dites de « rapport » sont construites. Petites, au toit de chaume avec peu d’ouvertures, ces maisons étaient louées à des familles de paysans. Progressivement, à la fin du XIXe siècle, le village s’agrandit : les petites maisons sont « doublées » pour accueillir de nouveaux foyers.








Les conditions de vie au village restent difficiles. La proximité de la mer, la rudesse du sol et les tempêtes hivernales, ne facilitent pas la vie de ses habitants, une vie rythmée par le travail de la terre : préparation et amendement, plantations, entretiens, récoltes. Cette activité ne permettant pas de subvenir aux besoins, les habitants se tournent tout naturellement vers la pêche côtière et la récolte du goémon. Les produits de la pêche, essentiellement des crustacés, étaient revendus aux mareyeurs. Quant à la récolte du goémon, elle nécessitait plus de travail et de bras. Tous les membres de la famille prenaient part au ramassage des différentes variétés, au séchage, à la mise en tas puis au brûlage afin d’obtenir des pains de soude, ensuite amenés dans une usine de traitement à Plouescat.





Depuis la fin de la rénovation, les visiteurs peuvent visiter le village et ainsi connaitre la vie autrefois des habitants en bord de mer.

La maison de site et les espaces muséographiques sont ouverts toute l'année et l'accès est gratuit. La maison de site propose des cartes aériennes et une exposition temporaire. Les espaces muséographiques sont présents dans le Corps de Garde et les chaumières de la maison Salou.

L'Auberge de Meneham est ouverte tous les jours et invite à la découverte des spécialités et produits locaux. Le gîte d'étape est installé dans les maisons à avancées. Il offre notamment la possibilité de dormir dans des lits-clos. Son label rando-accueil satisfait aux exigences des randonneurs. La caserne qui autrefois accueillit les militaires et leurs familles accueille désormais 6 ateliers d'artisans d'art.