mardi 24 février 2015

La Presqu'île de Crozon le 22 février 2015


 fort de la Fraternité



Le pont de Térénez, fin de la déconstruction du vieux pont. 

La Pointe des Espagnols. Une remarquable continuité d'occupation militaire.
Du haut de ses falaises de 65 m, la pointe des Espagnols contrôle le Goulet large de 1.8 km seulement. Elle joue donc un rôle éminemment stratégique dans la défense de Brest. Les Espagnols s’y installent dès 1594 pour assurer le blocus de Brest, restée fidèle au roi Henri IV, ancien chef des protestants. Mais c’est dans la moitié du XVIIème siècle que le site prend toute son importance : Vauban, en faisant édifier une puissante batterie basse vers 1695, en fait une des pièces maîtresses de son dispositif de défense du goulet. « Le goulet est à Brest ce que le détroit des Dardannelles est à Constantinople, c’est la porte d’entrée où tous les navires qui ont affaire audit Brest (…) sont obligés de passer ». Afin de protéger ses batteries d’une attaque à revers par la terre, la pointe des Espagnols est dotée d’une enceinte défensive en 1749, puis d’une tour en 1812, sous Napoléon 1er.

 De 1878 à 1883, cinq batteries, soit un total de 19 puissants canons, sont édifiées afin d’interdire le franchissement du goulet per des navires cuirassés et rendre difficile le mouillage dans la rade de Brest. Une batterie de rupture sous roc creusée sous la batterie de Vauban et composée de deux canons, complète l’ensemble en 1888. Au début de la guerre 1939-1945, la pointe des Espagnols n’est plus armée que de pièces légères. Les Allemands exploitent le site à leur tour, en y installant, en particulier, une batterie de défense contre les avions. Ce site a été remilitarisé à la suite des événements du 11 septembre 2001, ce qui montre que la Pointe des Espagnols joue un rôle géostratégique important.
 Quelern
Pourquoi la pointe des Espagnols ?
Au printemps 1594, les Espagnols alliés de la Ligue (parti ultra catholique français, soutenu par les Espagnols et opposé aux protestants et à Henri IV, eux-mêmes soutenus par les Anglais) débarquent de 12 vaisseaux à Camaret, envahissent la presqu’île de Quélern et avec l’aide de la population locale attirée par des salaires élevés, construisent un fort triangulaire au sommet de la pointe. Sourdéac, qui commande à Brest au nom du roi Henri IV, demande des renforts au Maréchal d’Aumont gouverneur de Bretagne.   






 Le 15 octobre 1594, une armée composée de 3000 français, 2000 Anglais, 300 arquebusiers à cheval et 400 gentilshommes, vient bloquer et attaquer le fort tenu par 400 Espagnols munis de canons. Malgré la profondeur insuffisante des fossés (due à l’extrême dureté du sol) le siège est très dur, du fait de la maladie qui sévit, et de la vigoureuse résistance des Espagnols ; ce n’est que le 18 novembre que l’assaut final submerge le fort, tous les Espagnols sauf 13 (9 blessés et 4 qui s’étaient cachés) sont tués. Sourdéac fait aussitôt raser le fort. Depuis cette date la pointe prend le nom de pointe des Espagnols.
 en arrière plan: l'île longue




La défense du Goulet de Brest : Tour de la pointe des Espagnols (1812). Cette tour est construite sous le 1er Empire sur les hauteurs de la Pointe des Espagnols pour renforcer la défense de la pointe en cas d’attaque par la terre. Ces tours, lieux de vie des soldats, sont complémentaires des batteries de côtes, postes de tirs sur les flottes ennemies.






Le modèle 1811. Sous Napoléon 1er, les ouvrages militaires tendent à se standardiser selon les plans-types, ce qui permet des constructions plus rapides et plus économiques. Les tours de la pointe des Espagnols, du Toulinguet et de Cornouaille sont construites selon le modèle 1811.


 la tour Vauban  -  Camaret




Un même plan-type. Ces tours comprennent trois niveaux : au sous-sol, les magasins à poudre, à vivres et le petit matériel ; au rez-de-chaussée, le logement des hommes ; à l’étage, une plate-forme d’observation destinée à recevoir 2 canons. Ici, le parapet de défense de la terrasse a été démonté, probablement lors de la Seconde Guerre mondiale.
 SNSM à CAMARET







Le génie militaire. La pointe des Espagnols est un site où de nombreuses défenses ont été établies à travers le temps. Outre le fortin des Espagnols, ce n’est que vers la fin du XVIIème siècle que le site est équipé pour la défense du goulet et de la rade. Et c’est un ingénieur de génie, Sébastien le Prestre, marqui de Vauban (1633-1707) qui y édifia, notamment, la batterie basse en 1695.



 dans un bar à CAMARET





Une batterie est un bâtiment militaire où sont placés des éléments d’artillerie, comme les canons. Quand elle est basse, le tir de ses canons frôle la surface de l’eau afin d’atteindre la coque des navires.



 Pointe de Pen Hir
Le port de Camaret. Depuis toujours, l’anse de Camaret est le principal refuge situé à la pointe de Bretagne : 200 à 300 bateaux à voile peuvent s’y abriter. C’est aussi un important port de pêche : la sardine d’abord, la langouste ensuite.





En 1939, Camaret est considéré comme le premier port langoustier d’Europe, voire du Monde. L’âge d’or de la pêche à la langouste se prolonge jusqu’au début des années 60.



 

samedi 14 février 2015

Le Conquet : Port de caractère de la mer d’Iroise


Des falaises abruptes balayées par les vents et la mer, un phare imposant qui veille sur les ruines d'une ancienne abbaye... Ici, le charme opère. La pointe Saint-Mathieu semble un concentré de Bretagne. A deux pas, le port du Conquet permet de rejoindre les îles Ouessant et Molène.





La légende raconte que, ramenant le corps de l'apôtre Mathieu, des marchands du Léon auraient été miraculeusement sauvés du naufrage au large de cette pointe. Au 6e siècle, pour abriter les reliques du saint, Tanguy y fonde le premier monastère. De l'abbaye subsistent aujourd'hui la façade romane, les voûtes de pierre du chœur et les arcades de la nef. Au crépuscule, éclairée par le phare, elle est la plus belle. Derrière, la chapelle Notre-Dame-de-Grâce abrite un petit musée contenant quelques vestiges de l'ancienne abbaye.




Non loin de là, Le Conquet est le point de départ pour Ouessant et Molène. Depuis le 19e siècle, le port est célèbre pour la pêche aux langoustes et tourteaux. C'est de la pointe de Kermorvan que la vue sur Le Conquet et l'archipel de Molène est la plus jolie. Le soir venu, le scintillement des phares au loin est plein de charme.




C’est le bout de terre le plus à l’ouest de l’Hexagone. Lieu d’histoire et de mémoire, le phare de la pointe Saint-Mathieu est un monument symbolique pour tous les marins de Bretagne.



Riche par son passé, sa nature, son patrimoine, le site de la pointe Saint-Mathieu est un lieu de promenades et de visites des plus agréables où se côtoient le GR34 et le parc naturel marin d’Iroise, l’abbaye édifiée à partir du XIe siècle, son musée et le phare, le Mémorial national des marins disparus en mer et le sémaphore.




Radio Conquet : Situé sur la pointe des Renards, face à l'archipel de Molène, le centre radio maritime du Conquet avait pour mission d'établir un contact avec les bateaux qui croisent au large, du golfe de Gascogne à la mer d'Irlande, jusqu'à sa fermeture le 28 février 2000. Ses locaux sont actuellement occupés par les services du parc naturel marin d'Iroise.



«RADIO-CONQUET» Durant cinquante ans, Radio-Conquet sera le lien avec les navires, cumulant la sécurité de la vie humaine en mer, le service commercial d’échange de télégrammes et de communications téléphoniques entre les marins et leurs armateurs, leurs familles… Après la disparition de la radiotélégraphie « Morse » en 1997, le passage au XXIe siècle a entraîné avec le développement des communications par satellite et celui du téléphone portable, la fermeture de Radio-Conquet, dernier centre radio maritime français en activité, c’était le 28 février 2000.



Port crabier important, Le Conquet est également devenu un lieu de production réputé pour le poisson noble. Le port de pêche est géré depuis 2007 par la chambre de commerce et d'industrie de Brest.
Depuis quelques années, la flottille a diversifié ses activités : à côté des caseyeurs traditionnels pratiquant la pêche au tourteau se sont développés les fileyeurs qui ramènent lotte, raie, barbue, turbot ou langouste ainsi que du poisson de petite pêche, frais du jour. Le tourteau demeure néanmoins le symbole du port du bout du monde.


Le bourg fut relié à Brest de 1903 à 1932 par une ligne de chemin de fer secondaire à voie métrique, le Tramway de Brest au Conquet.



Jacques-François Thomas, dit ‘’Locrouan’’, un marchand de porc du Conquet, fut retrouvé assassiné dans un champ isolé à Trémeur en Plougonvelin, victime d’une terrible blessure à la tête. Son cousin, Goulven Hélégoët, fut accusé de l’avoir assassiné en le frappant avec un soc de charrue afin de lui voler 900 francs. Le 11 avril 1859, la Cour d’assises du Finistère le condamne à mort et il est guillotiné publiquement le 4 juin 1859 à Quimper.


La pointe des renards : historique : L'ORIGINE DU NOM... Sans nul doute cette péninsule avancée dans la mer entre les grèves de Portez, et du Bilou tire son nom de l'abondance des renards qui hantaient jusqu'à une époque très récente la lande d'épine noire et d'ajoncs qui la recouvrait… L'appellation "Les Renards" pour les têtes de roches qui la prolongent en mer n'est pas d'origine, sur les cartes anciennes elles sont dénommées "Mulets". Renards ou Mulets elles furent aux cours des siècles le théâtre de nombreux naufrages, l'un des derniers fut en 1974 celui du palangrier douarneniste "Dahut". Mais peut-être sans tenir compte des goupils proliférant sur le haut de la pointe, les marins ont-ils nommé ces roches invisibles à haute mer, et sournoises au jusant, « Renards », par analogie avec le caractère de l’animal du roman.